(REPORT) JOURNÉE DE CONFÉRENCES – LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES : ENTRE RECOMMANDATIONS ET RÉALITÉS DE TERRAIN / 22 MARS 2023

(REPORT) JOURNÉE DE CONFÉRENCES – LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES : ENTRE RECOMMANDATIONS ET RÉALITÉS DE TERRAIN / 22 MARS 2023

JOURNÉE DE CONFÉRENCES
LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES : ENTRE RECOMMANDATIONS ET RÉALITÉS DE TERRAIN

Avec l’évolution des politiques sociales, la mise en œuvre du pouvoir d’agir de la personne accompagnée a influencé et continue à influencer les conceptions et les pratiques du travail clinique et éducatif.

En encourageant, comme dans beaucoup d’établissements et services éducatifs et de soins, la démarche de « faire institution autrement », comment ceux-ci résisteront- ils au développement d’approches de rationalité économique plus que de proximité dans la relation d’accompagnement?

Acteurs de terrain intervenants dans les divers champs du social, du médico-social, du sanitaire, que reste-t-il des fondamentaux de la clinique du quotidien ? Quelles compréhensions avons-nous des mutations dans les conceptions de l’action sociale et de la santé mentale ?

L’un des enjeux n’est-il pas aussi de promouvoir une re(conquête) du sens du travail des professionnels et de leur engagement ?

PROGRAMME

9H00 : OUVERTURE 

  • Benoit ELLEBOODE, Directeur Général – ARS Nouvelle Aquitaine
  • Jean-Luc GLEYZE, Président – Département de la Gironde
  • Janick PRÉMON, Président – Association Rénovation

9H30 : LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES À L’ÉPREUVE DU VIRAGE INCLUSIF

  • Robert LAFORE, Professeur émérite de droit public – Sciences Po Bordeaux

Les professionnels de l’action sociale, travailleurs sociaux mais aussi les nombreuses activités qui se sont épanouies dans ce secteur, ressentent depuis deux décennies des difficultés qu’ils référent le plus souvent à des changements de leur environnement : mutations dans les références théoriques fondatrices, pressions fortes liés à des transformations organisationnelles, perte d’une autonomie antérieurement considérée comme indispensable, rapports plus difficiles avec les personnes prise en charge, tout cela pouvant être référé à une « perte de sens »… Les niveaux différents interférant dans ces constats conduisent à des explications contrastées et parfois contradictoires : on peut à la fois se féliciter du renforcement des droits des bénéficiaires et regretter leur intrusion plus forte dans les structures et les pratiques ; souhaiter plus de partenariat ou d’action collective et souffrir de la perte d’autonomie qui en résulte ; accepter la plus grande inclusion dans le droit commun et constater les effets problématiques que cela occasionne ; souhaiter une plus grande protection de la hiérarchie et regretter sa prégnance plus affirmée ; souhaiter être plus impliqué dans le travail et vouloir étendre davantage son espace personnel et sa vie privée….

La contribution, sans prétendre naturellement résoudre ces tensions inhérentes à l’action collective et aux organisations qui nécessairement la construisent, voudrait mettre l’accent sur les transformations qui affectent l’action sociale du point de vue des logiques d’ensemble qui la structurent et mettre en évidence que les montages professionnels et les pratiques qui leurs sont liées, pensées dans le cadre du modèle antérieur, ne peuvent qu’en être affectées.

10:15 : LA RATIONALISATION DES PRATIQUES À L’ÉPREUVE DU QUOTIDIEN

  • Philippe CHAVAROCHE, Docteur en Sciences de l’Éducation et formateur en travail social, médico-social et analyse des pratiques

Face aux complexités de l’accompagnement des personnes handicapées mentales, un seul mode de réponses semble aujourd’hui s’imposer : une pseudo rationalisation des pratiques dans des protocoles décidés et imposés par un « management » souvent assez peu au fait des réalités cliniques.

Ces approches disqualifient des formes de savoirs jugées obsolètes ou même néfastes en raison de leurs supposée absence de rationalité. L’hégémonie des neuro-sciences écarte toutes les références psychopathologiques et relationnelles, les savoirs d’expérience forgés au plus près des pratiques par les professionnels d’accompagnement sont dénigrés comme sans valeur au profit de méthodes déclarées comme infaillibles… « Aujourd’hui, c’est comme si on ne savait plus rien faire » déclarait une AMP ayant plusieurs décennies d’expérience !

La clinique vécue au quotidien par les professionnels auprès de personnes porteuse en grand nombre de souffrances psychiques n’est plus prise en compte comme une base incontournable et féconde devant donner un sens à l’accompagnement. Cette construction collective du sens des troubles psychopathologiques et de leur prise en soins, au plus près des personnes, est aujourd’hui mise en péril par des vérités énoncées par des « experts », extérieurs le plus souvent à ces vécus de proximité, et s’énonçant comme des vérités se réclamant d’une rationalité non discutable.

11H30 : (TABLE-RONDE) AUTO-DÉTERMINATION : POUR LE JEUNE ET AVEC LE JEUNE

  • Axel ROCHEFORT, Jeune majeur – DITEP Rive Droite, Association Rénovation
  • Olivier SURATTEAU, Directeur – DITEP Rive Droite, Association Rénovation
  • Farid MRINI, Chef de service – DITEP Rive Droite, Association Rénovation
  • Jonathan DUTILLEUL, Éducateur – DITEP Rive Droite, Association Rénovation
  • Jeff MARCADÉ, Éducateur – DITEP Rive Droite, Association Rénovation
  • Philippe BÉGUÉRIE, Président – ADAPEI 33

Ne pas trop subir ce que la société a d’évolution pour nos institutions, c’est la comprendre de par ses contraintes mais aussi sa modernité. C’est ne pas être trop envahis et empêchés par ce qui nous entoure mais plutôt à chercher à ce que les institutions soient et deviennent des terres d’influences, des endroits où l’on invente, ou l’on ose, ou l’on prend en compte ce que la société impose mais aussi de ce qu’elle a de possible. Pour continuer à penser le soin, et le prendre soin, pour lutter et faire que dans les institutions, on peut se sentir bien, on peut allez mieux, on peut supporter certaines logiques et construire des projets…La vie institutionnelle et la clinique sont à l’œuvre chaque jour et sont une richesse inépuisable.

Dans ce témoignage par un ancien du DITEP Rive Droite de l’Association Rénovation, nous souhaitons présenter la vie dans les institutions. Afin de mettre en lumière ce que les jeunes et les professionnels font ensemble pour démontrer notre capacité à faire face à cette société parfois trop décalée de nos réalités…

12H30 : PAUSE – DÉJEUNER LIBRE, NON FOURNI

14H00 : POURQUOI LE SOIN DOIT S’ADAPTER AUX CHANGEMENTS DE SOCIÉTÉ, ET POURQUOI, TROP SOUVENT, IL NE LE FAIT PAS ?

  • Bruno FALISSARD, Médecin psychiatre, mathématicien, professeur à la Faculté de médecine Paris-Sarclay et directeur du CESP

Les soignants, du fait de leur formation, de leur histoire personnelle ou de leur culture ont une représentation a priori des personnes qu’ils ont à prendre en charge. C’est particulièrement vrai dans le domaine de la psychiatrie où ces a priori peuvent entrer en conflit avec les modalités de représentations sociales des personnes différentes. Il est indispensable de comprendre ces conflits potentiels pour nos accompagnements dans le soin soit bénéfiques pour le plus grand nombre.

15H00 : APPROCHE PHILOSOPHIQUE DES ÉVOLUTIONS DU TRAVAIL SOCIAL / ENJEUX ET PERSPECTIVES

  • Benjamine WEILL, Philosophe, formatrice en philosophie du travail social

Le travail social a connu de nombreuses mutations depuis le début des années 2000. Initiées par la loi 2002-2, la prise en compte de la citoyenneté des personnes vulnérables est désormais au coeur des modes d’accompagnement. Cette considération pour leur statut de sujet de droit s’inscrit dans le cadre de la Bientraitance entendue comme un système où professionnel.le.s, personnes accueillies et l’environnement interagissent en continu. Comment soutenir les équipes dans la mise en oeuvre de cette bien traitance ? Quelles sont les questions éthiques que la Bientraitance oblige les établissements et services sociaux à se poser ? Quel.le.s sont les freins et les leviers à la mise en oeuvre de cette citoyenneté ?

15H45 : CLÔTURE DE LA JOURNÉE

  • Danielle DUMAS, Administratrice – Association Rénovation
  • Jean-Louis DEYSSON, Administrateur – Association Rénovation

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mél. : conference@renovation.asso.fr
tél. : 05 57 22 48 72

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Les actions de formation de l’Organisme de Formation de l’Association Rénovation sont certifiées QUALIOPI. Votre participation à la journée est éligible au remboursement OPCO. Une attestation de présence vous sera confiée le jour de l’évènement.

Tarif réduit : 30€
Tarif réservé aux étudiants, aux demandeurs d’emploi et aux retraités

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